Les écologistes se prononcent officiellement contre le traité européen

Europe Ecologie-Les Verts s'est prononcé officiellement samedi contre la ratification du traité budgétaire européen lors de son conseil fédéral à Paris. A l'issue de nombreuses prises de parole, les écologistes ont majoritairement adopté une motion anti-traité, par 77 voix pour, 24 contre et huit abstentions...

Le traité ne répondra pas "durablement" à la crise et "constitue un obstacle à la transition écologique", explique la motion. Elle recommande aux parlementaires écologistes de soutenir ces positions lors des débats et des votes au Parlement.

Ce n'est pas un "mandat impératif" pour les parlementaires écologistes, a toutefois assuré le président du groupe écologiste au Sénat, Jean-Vincent Placé. S'ils sont en désaccord, "je leur recommande de s'abstenir", a-t-il plaidé.

"Il faut qu'ils suivent l'avis du parti de leur propre chef", a-t-il insisté. "Je n'ai pas l'intention de les fliquer!", a ajouté M. Placé. Partisan du non, le sénateur reproche au président François Hollande "de ne pas avoir renégocié le traité".

En préambule du débat, le secrétaire national d'EELV Pascal Durand avait invité ses amis à se prononcer contre le traité. "En aucune manière, l'Europe de l'austérité ne pourra être l'Europe des écologistes", avait-il justifié, dénonçant une "vison étriquée et comptable du monde". Et d'admettre néanmoins: "c’est un choix absolument terrible".

Qualifié de "pari" par les partisans du oui, le Traité sur la stabilité, la coordination et le gouvernance (TSCG) divise les écologistes. Mercredi, l'eurodéputé écologiste Daniel Cohn-Bendit, favorable à la ratification du traité, avait appelé ses "amis" à quitter le gouvernement s'ils ne le votaient pas. "Vous allez voter contre le traité parce que ce traité nous empêche de faire une politique keynésienne. Mais vous dites que vous allez voter le budget. Le budget, il est la conséquence de ce traité. Si ce traité est le diable, le budget est le diable", avait-il lancé sur BFM-TV et RMC.

"C'est une vision binaire et chevénementiste", a rétorqué samedi Jean-Vincent Placé, pour qui le débat se mène à l'Assemblée nationale et non au gouvernement. Et d'ironiser: "Il y a 40 ans, notre ami était libertaire, le voilà présidentialiste!".

"Il ne s'agit pas de faire un choix dramatique", a réfuté le conseiller municipal écologiste Christophe Rossignol, partisan du oui. "De notre débat restera seulement notre non", a-t-il déploré, inscrivant cette prise de position dans la ligne droite de la candidature d'Eva Joly qui a mené, selon lui, les écologistes "dans le mur" lors de l'élection présidentielle.

Source : cd/mw

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